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Airs italiens et baisers envoyés du bout des doigts : Jonathan Tetelman fait ses débuts à l'Elphi

Mise à jour : 04.07.2025, 16h40

Certains voient dans le ténor chilio-américain Jonathan Tetelman la nouvelle star de la scène lyrique, d'autres vont même jusqu'à l'appeler le nouveau Pavarotti. Jeudi soir, il a fait ses débuts à l'Elbphilharmonie. Il s'agissait du premier de ses trois concerts en Allemagne.

par Marcus Stäbler, Miriam Stolzenwald

L'Elbphilharmonie de Hambourg affiche complet jusqu'au dernier siège, et même au-delà : quelques auditeurs sont installés sur scène, derrière l'orchestre. Tous sont venus entendre le ténor Jonathan Tetelman, accompagné de la Hamburger Camerata sous la direction de Frédéric Chaslin. Au programme : des airs de ténor tirés de grands opéras de Verdi, Puccini, Ponchielli et Mascagni.

Des aigus qui vibrent sur le tympan, presque jusqu'au seuil de la douleur

Jonathan Tetelman montre très vite qu'un chanteur phénoménal, doté d'un rayonnement incroyable, se tient sur scène. Lorsqu'il ouvre la voix, certaines notes crépitent merveilleusement sur le tympan, comme cela n'arrive vraiment qu'avec les meilleurs chanteurs. Ce crépitement aux portes du seuil de la douleur : magnifique ! Jonathan Tetelman possède aussi une très belle couleur sombre, une nuance barytonale, un ancrage chaleureux dans la voix.

La voix idéale pour le répertoire italien

Avant de commencer sa carrière de chanteur, Jonathan Tetelman a gagné sa vie pendant trois ans comme DJ dans les discothèques et les clubs de Manhattan.

Tetelman interprète les airs avec goût. Sa voix possède aussi ce côté sanglotant indispensable à ce répertoire italien. Ce n'est pas le genre de ténor qui exhibe ce qu'il a dans le gosier : il chante avec finesse et beauté. C'est ainsi qu'il impressionne le public.

Tetelman s'est fait un nom sur la scène internationale et chante des rôles tels qu'Alfredo dans « La Traviata » ou Pinkerton dans « Madame Butterfly » dans des maisons comme le Royal Opera House Covent Garden et le Metropolitan Opera. Il s'est surtout illustré comme chanteur pucciniens. Puccini figurait d'ailleurs aussi au programme à l'Elbphilharmonie, aux côtés d'autres airs célèbres. Dans la première partie, le ténor a chanté exclusivement du Verdi ; dans la seconde, d'autres compositeurs italiens ont suivi avec Ponchielli, Mascagni et, pour finir, Puccini. C'est approprié, car il possède précisément la voix qu'il faut pour ce répertoire.

L'alternance constante entre différents airs était laborieuse

Comme lors la plupart de ces soirées de gala avec des chanteuses et chanteurs célèbres, le programme en patchwork pose fondamentalement problème : des extraits des opéras les plus divers sont mis bout à bout. Un va-et-vient constant, parfois fatigant, non seulement sur le plan du contenu, mais aussi sur scène. Le ténor chante un air, puis quitte la scène, l'orchestre joue alors une ouverture ou un intermède, le ténor revient, les applaudissements retentissent, il chante de nouveau un air de trois ou quatre minutes, sort de nouveau, et ainsi de suite. De cette façon, il ne se crée jamais de véritable grand arc de tension. À la longue, c'est laborieux, d'autant que l'orchestre ne se couvre pas vraiment de gloire. Cela n'enlève rien au fait que Jonathan Tetelman chante chaque morceau, pris isolément, de très belle manière.

Une tempête d'applaudissements dans la salle

Le public est transporté par Jonathan Tetelman. Dès le premier air, une immense salve de « bravo » s'élève, et avant même l'entracte survient le premier bis : Tetelman a manifestement très envie de rechanter aussitôt l'air de Verdi « Di quella pira ». L'ambiance chaleureuse monte encore vers la fin du concert : lors du dernier cri « vincerò » dans l'air « Nessun dorma », la tempête d'applaudissements du public déferle jusque dans la postlude orchestrale.

De charmants gestes de ténor

Pour le ténor Jonathan Tetelman, la soirée est un immense succès, qu'il gère avec sympathie et habileté. Il chante dans les différentes directions de la scène, tantôt vers l'avant, tantôt vers la gauche, vers la droite, vers l'arrière. À la fin, il envoie des baisers au public, l'un des nombreux petits gestes de ténor qu'il glisse avec beaucoup de charme et de décontraction. Lors d'un bis, il passe derrière l'orchestre devant les spectateurs assis sur scène et chante directement pour eux. Il sait comment conquérir le public et y prend visiblement plaisir. Des débuts magnifiques.